Trek entre les Gorges du Todgha et du Dades

Trek entre les Gorges du Todgha et du Dades

Classé dans : Découverte, tourisme | 0

On peut relier les Gorges du Todgha et du Dades par la montagne, lors d’une magnifique randonnée de 3 jours. Nous étions accompagnés par Ahmed et Daoud. Daoud est un nomade. Il est muletier et parle seulement tamazigh. 

C’est Ahmed qui s’est chargé de toute l’organisation. Nous l’avions rencontré un an plus tôt dans un campement dans le désert à Merzouga, et c’est alors qu’il nous avait proposé ce trek.

Nous sommes arrivés à Tinghir la veille, et avons été reçus très chaleureusement chez Ahmed. Ses sœurs ne parlent pas français mais un geste, un sourire, suffisent pour se faire comprendre. C’est la magie de l’accueil marocain: on ne se connait pas mais on a tout de suite l’impression de faire partie de la famille. Ahmed est musicien, il joue du djembé et chante. S’il n’a pas de djembé, il frappe simplement sur la table et immédiatement la pièce prend un air de fête. Avant de dormir, nous montons sur la terrasse contempler les étoiles.

Le matin, avant de démarrer la rando, nous allons ensemble à Tinghir pour faire les courses au souk. Ahmed a l’habitude de ce genre d’expédition, et il n’oublie aucun détail. Il prévoit les repas et l’eau pour 3 jours, et règle les derniers détails avec Daoud, le muletier.

 

Tinghir - Gorges du Todgha (35)

La palmeraie de Tinghir

La randonnée débute dans la palmeraie de Tinghir, l’une des plus belles du Maroc. On peut ainsi goûter quelques délicieuses dattes majhoul pour prendre des forces avant d’aborder la montagne. On arrive assez rapidement à la partie la plus étroite et la plus touristique des gorges. Là, quelques auberges, de nombreux marchands de souvenirs, des groupes de touristes, et une poignée de grimpeurs venus faire de l’escalade sur l’une des falaises. Nous déjeunons à l’ombre dans la palmeraie, et Daoud en profite pour vérifier l’état des sabots de ses mules.

 

 

Tinghir - Trek entre Gorges du Todgha et du Dades - Famille nomade (158)

Le campement nomade

Nous commençons ensuite à gravir les pentes sur des sentiers rocailleux. Pas de réelles difficultés, mais tout de même un peu pénible lorsqu’on manque d’entraînement. Et, bien que l’on soit mi-octobre, le soleil a encore beaucoup de force dans la journée. Après plusieurs heures de marche, nous arrivons dans le petit campement d’une famille nomade. La famille se compose d’un couple vivant avec les parents du mari et ses 3 enfants dont le plus jeune est âgé de 10 jours. Il est né ici, en pleine montagne, et bien sûr ni la maman ni le bébé n’ont vu de médecin ou d’infirmière. Pour le grand-père, aveugle, c’est une distraction très appréciée d’avoir un peu de visite. Il échange quelques nouvelles de la ville avec Daoud et Ahmed, qui préparent ensuite le repas qu’on partagera autour d’un feu. La famille se regroupe dans une partie de la tente pour que nous puissions nous installer dans l’autre moitié. La nuit sera courte, entrecoupée des pleurs des enfants et des jappements d’un chiot, mais on se sent bien dans cette famille si semblable à la nôtre, et qui a pourtant une vie si différente, juste centrée sur des choses essentielles.

Le lendemain, nous quittons nos hôtes après une séance photos et un échange d’accolades et formules de politesse apprises en tamazigh pour la circonstance. Alors que nous repartons vers la montagne, la jeune maman part avec son tout petit bébé sur le dos pour faire la lessive à la rivière, à trois heures de marche de là, accompagnée de sa belle-mère et d’une mule qui porte les ballots de linge et des bidons qu’elles vont remplir d’eau…

Le Haut Atlas entre Tinghir et Boulmane du DadesNous traversons des paysages grandioses, très variés, et rencontrons des familles de nomades qui redescendent pour passer l’hiver à plus basse altitude. Daoud connaît à peu près tout le monde dans ces montagnes, et chaque rencontre donne lieu à quelques échanges de paroles amicales. L’Atlas est très riche en fossiles, et par endroit il suffit de se pencher pour en ramasser. Nous pique-niquons au bord d’un oued, non loin d’un groupe de femmes venues laver du linge. Ce soir-là, après avoir mangé un délicieux tajine, nous dormons dans une grotte qui a servi il y a quelques temps à abriter des moutons. C’est un bon abri, mais l’odeur des bêtes est très présente! D’ailleurs, Daoud préfère dormir dehors près du feu.

Le 3ème jour de la randonnée, encore de longues heures de marche. La fatigue commence à se faire sentir, mais la bonne humeur contagieuse de Ahmed est d’un grand secours. Et nous apprécions par-dessus tout le calme de ces montagnes et la beauté des paysages. En début d’après-midi, nous rejoignons la route qui relie Boulmane à Agoudal, et après le déjeuner nous quittons définitivement Daoud qui va refaire la traversée en sens inverse avec les mules tandis que nous rentrerons à Tinghir par la route.

La vie dans la montagne

De nombreuses familles habitent dans les montagnes, vivant en général d’un petit troupeau de chèvres, moutons, ou plus rarement de dromadaires. Les conditions de vie sont difficiles. Il est fréquent que le point d’eau le plus proche soit à une demi-journée de marche. Le plus souvent, la famille vit dans une tente entourée d’un muret de pierres. la durée de vie d’une tente est d’environ 3 ans. Elles sont faites de poil de chèvres cardé, filé et tissé en longues bandes étroites par les femmes. Ici encore plus que partout ailleurs au Maroc, les gens sont très accueillants et solidaires.

Certaines familles vivent plusieurs années au même endroit, mais la plupart se déplacent au moins 2 fois par an, en fonction des conditions climatiques pour échapper aux rigueurs de l’hiver. Vers la fin de l’automne, on croise ainsi sur les sentiers les nomades avec quelques mules, parfois empruntées à des amis, chargées de toutes les possessions de la famille, tentes, couvertures et ustensiles divers.

Vous trouverez ci-dessous une petite sélection de photos des Gorges du Todgha. Si vous souhaitez voir plus de photos des montagnes marocaines, vous pouvez suivre ce lien.

 Images de la randonnée entre le Gorges du Todgha et les Gorges du Dadès

Cliquez sur une imagette pour l’agrandir et faire défiler les photos

Laissez un commentaire