La Vallée du Dades

La Vallée du Dades

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Encore un plan un peu galère qui finalement se transforme en une rencontre géniale et inattendue…

On arrive le lundi soir à Tinghir pour refaire cette rando qu’on adore entre les Gorges du Todgha et du Dades,  et après avoir dormi chez Ahmed nous allons le mardi matin faire les courses pour le trek. Il faut prévoir 3 jours d’autonomie pour 5 personnes (Ahmed notre guide, Daoud le muletier, Guy et moi, et notre fille Elise). Il ne faut rien oublier: le thé, le sucre, la menthe, l’huile, le citron, des épices, les bougies, du pain du miel et de la confiture et de la Vache qui Rit pour les petits déjeuners, un gros poulet, un beau morceau de mouton pour les tajines du 1er et 2ème soirs, des légumes et des fruits, des conserves de maquereaux et de sardines pour les salades, des petits gâteaux, des oranges et des dattes pour les enfants nomades, des cigarettes pour le chibani (le vieux monsieur aux cheveux blancs), sans oublier bien sûr 5 bidons de 3 litres d’eau…

 

Inondations aux Gorges du Todgha

Ensuite, la rando démarre de chez Ahmed. Accompagnés de Hassan, son frère, on traverse la magnifique palmeraie. C’est une sorte de paradis sur terre, avec d’étroits sentiers qui serpentent entre des parcelles cultivées, des figuiers, des vignes, des oliviers, et des palmiers dattiers. C’est la pleine saison de la récolte, et les habitants nous offrent généreusement de grosses poignées de délicieuses dattes. Après un peu moins de 2 heures de marche, on arrive au village au pieds des gorges. Là, nous sommes accueillis chez Daoud où nous nous régalons d’une salade, un tajine et un thé à la menthe avant de partir pour la montagne. Mais au moment de retrouver Ahmed pour commencer à grimper, un orage éclate et il commence à pleuvoir. Au début, on attend simplement que la pluie cesse, puis on réalise qu’on va devoir reporter la rando au lendemain. Elise en profite pour faire quelques portraits: le patron du resto ou l’on s’est abrités, son petit neveu, et enfin Daoud qui, habituellement toujours souriant, a l’air sérieux et inquiet. On décharge les mules et on rentre chez Ahmed en stop. La route est traversée par des oueds qui débordent, mais les gués sont encore franchissables. Soirée un peu triste, on est tous déçus, on n’a que quelques jours et on ne pourra pas faire la traversée comme prévu. Au mieux il va falloir écourter la rando… si le temps le permet demain.

Mercredi matin,  incertitude sur le temps. Elise va faire une aquarelle sur la place des chameaux et nous attendons le midi pour nous décider. Comme la veille, un très violent orage éclate en début d’après-midi. Nous décidons finalement de partir pour les Gorges du Dades, sans plan précis.

Moha et Zora

Après une bonne heure de route, nous passons à Boumalne et prenons la direction des gorges dans l’intention de chercher un hébergement. Mais, nous sommes bientôt bloqués. Comme dans la vallée du Todgha, les pluies ont fait déborder les oueds et la route est coupée. Nous devons faire demi-tour. Un cycliste nous aborde et nous propose de nous conduire à sa maison d’hôte. Un peu sceptiques, nous le suivons jusqu’à la Kasbah Mogador, une maison très traditionnelle, exactement ce qu’on aime. C’est sa cousine Zora qui nous accueille et nous montre les chambres. Le confort est sommaire mais c’est très propre et il y a tout le nécessaire. Toutes les chambres donnent sur une grande terrasse qui surplombe un très beau jardin.

On passe une très bonne soirée, à discuter avec Mohamed et sa cousine. Zora ne parle pas français, et Moha nous sert d’interprète.

Le lendemain, nous décidons d’aller faire un tour dans la montagne avec Moha. On part d’un endroit de la montagne proche de formations rocheuses qu’on appelle les « Doigts de Singes », ou le « Cerveau de l’Atlas ». Ces amas de pierres sédimentaires sont très spectaculaires. Elles sont d’une couleur rouge-orangé très vif, et les rochers ont des formes tout à fait surprenantes.

Au bout d’une heure de marche environ, nous arrivons à un petit campement de nomades installé dans des grottes. Contrairement aux autres camps  de nomades que nous connaissons, celui-ci est relativement proche d’une route et la famille a donc l’habitude de recevoir des visites. Mais c’est toujours le même accueil, la même gentillesse et la même simplicité. Nous nous déchaussons et pénétrons dans la grotte. Nous nous asseyons sur les tapis pendant que notre hôte prépare le thé. La femme et le plus jeune des enfants sont avec nous, alors que les 2 plus grands jouent dehors. Un petit biquet dort dans un coin, et Elise en profite pour le dessiner. Le père a un air de famille avec Gad Elmaleh, et il rit de bon cœur lorsqu’on lui dit qu’il est le sosie d’un acteur français célèbre…

Dans la grotte des berbères nomades

Nous reprenons notre route et continuons encore un peu vers le Nord-Est pour décrire une grande boucle. On arrive à un oued très large, plus d’une cinquantaine de mètres de largeur. Il est complètement  à sec. Difficile d’imaginer que la veille il débordait ! C’est impressionnant de voir à quelle vitesse les cours d’eau se remplissent et se vident dans ces zones montagneuses. Nous marchons dans le lit de l’oued jusqu’à ce que nous  notre point de départ et nous rentrons à la Kasbah Mogador. Cette seconde soirée chez Zora est, comme la précédente, très gourmande et très conviviale.

Le lendemain, Zora vient nous chercher avant le petit déjeuner. Elle nous conduit dans une dépendance de la maison où elle a allumé un feu. Elle nous montre la fabrication de ce délicieux pain marocain que nous mangeons pour le petit déjeuner, agrémenté de beurre et de confitures maison. Une belle corbeille de fruits complète le tout, avec bien entendu du thé à la menthe et … l’inévitable vache qui rit.

Juste le temps de monter la fameuse route en lacets serrés qui conduit en haut des Gorges du Dadès, et nous reprenons la route de Marrakech, avec comme toujours le regret d’avoir passé trop peu de temps dans ces montagnes que nous aimons tant.

 

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