Merzouga: rencontre avec les hommes du désert

Merzouga: rencontre avec les hommes du désert

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Si vous avez la chance de faire une excursion du côté de l’Erg Chebbi, vous serez d’abord saisis par la beauté du paysage, le blond-orangé du sable formant un contraste étonnant avec le bleu du ciel. Vous caresserez le sable si doux et dévalerez en riant les pentes abruptes des dunes. Mais aussi vous rencontrerez  les chameliers, ces hommes venus d’une autre planète dont les seules préoccupations semblent être les horaires de lever et de coucher du soleil et la course des étoiles dans le ciel sans nuages.

chamelier 2Pour le touriste qui arrive à Merzouga, la vie du chamelier semble être à la frontière entre tradition, folklore et douceur de vivre. Elle commence en fin d’après-midi, avec l’arrivée des mini-bus déversant des visiteurs de toutes nationalités, puis se poursuit par une longue marche au pas lent et régulier des dromadaires, un repas convivial partagé, une balade sous les étoiles et s’achève par une joyeuse veillée avec chants traditionnels et djembés,  avant une courte nuit et un retour matinal au camp de base.

La réalité est beaucoup moins bucolique… Certes les chameliers sont des Amazighs, des « hommes libres », et ils apprécient en général beaucoup leur vie au grand air, les multiples rencontres avec des gens de tous horizons, le contact avec la nature, les soirées entre amis et la musique, mais c’est juste la partie visible de l’iceberg.

Leur journée commence bien avant l’aube, avec la préparation des dromadaires. Ils doivent être rassemblés et sellés pour que le groupe puisse aller admirer le lever du soleil sur les dunes. Ensuite c’est le retour à l’auberge pour le petit déjeuner, et les derniers échanges amicaux avec les clients les plus sympathiques. On échange les adresses mail, on discute dans toutes les langues. Il faut dire que même si pour la plupart ils n’ont pas eu la chance d’aller bien longtemps à l’école, ils parlent un nombre de langues qui ferait pâlir d’envie beaucoup de nos étudiants.  L’amazigh  est leur langue maternelle, et ils ont appris très tôt l’arabe et le français, à l’époque où le plus gros des contingents de touristes venait de France. Ensuite ils ont dû se mettre à l’anglais, l’allemand, l’italien ou l’espagnol… Mais quand on connait déjà 4 ou 5 langues, une de plus ou de moins… (n’en déplaise aux esprits obtus qui veulent empêcher les enfants de pratiquer les langues régionales sous prétexte que ça leur « encombrerait » le cerveau).

contre jourEnsuite c’est un temps libre, souvent consacré à maintenir des contacts professionnels, à partager des photos sur une page Facebook ou un site internet. Il faut vivre avec son siècle et la concurrence est rude.

Après le repas, petit temps de repos, et il faut déjà songer aux clients du soir, faire les courses et commencer à préparer le dîner. Pour 20 ou 40 personnes,  il n’y a pas de place pour l’improvisation. Le campement est nettoyé, les tentes sont préparées pour la nuit. Il est temps d’aller accueillir les nouveaux arrivants. Nouvelles rencontres, nouveaux horizons, et voyages immobiles au travers des récits des uns et des autres. Il aimerait tellement voyager lui aussi, le chamelier, mais son passeport n’a pas la bonne couleur et en plus il n’a pas les moyens. Alors ce soir en regardant les étoiles, il rêvera à son grand-père qui conduisait les caravanes de Tombouctou à Tanger, sans se soucier des frontières, et qui savait où creuser un puits pour trouver de l’eau en plein Sahara. Et il sera fier d’être un berbère, un Amazigh, un homme libre.

Le thé à la menthe, le whisky marocain

Le thé à la menthe:

C’est une institution au Maroc, le « whisky marocain » comme on l’appelle ici. Il en a la couleur ambrée, il réchauffe et il rafraichit. Pour le préparer, pour le servir, pour le déguster, il faut prendre son temps. La menthe fraîche, le thé vert et le sucre sont placés dans la théière. On ajoute l’eau bouillante et on remet le tout sur le feu quelques minutes. On sert le thé dans de petits verres décorés ou ciselés, en levant bien haut le bras qui tient la théière pour le faire mousser. Une fois les verres pleins, on reverse le contenu dans la théière pour bien mélanger, et ceci plusieurs fois. Et plus il voit que les touristes s’impatientent, plus le chamelier espiègle fait durer le plaisir !

Pour plus d’informations sur les rituels liés à la préparation du thé à la menthe au Maroc, vous pouvez lire cet article très complet du mag.ma.

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Les dunes de Merzouga
Les dunes de Merzouga

Le dromadaire, un animal étonnant, résistant et intelligent

Le dromadaire:

C’est un animal étonnant, dont les capacités physiques exceptionnelles lui permettent de survivre dans un milieu très hostile. Sa bosse est une réserve de graisse qui peut dépasser les 100 kilos. Elle sert de réserve d’énergie et permet de lutter contre la déshydratation, car des réactions chimiques permettent à l’animal de transformer en eau l’hydrogène issu du métabolisme des graisses en le combinant à l’oxygène de l’air. Ainsi, à partir d’un kilo de graisse, il peut fabriquer 2 litres d’eau. Ses yeux sont protégés par une double rangée de cils, et ses narines peuvent se refermer pour empêcher l’ingestion de sable. Il se nourrit de plantes épineuses et d’herbes sèches, mais le chamelier complète son alimentation par un mélange d’orge et de dattes. Il peut faire varier sa température corporelle entre 34 et 42°C, et peut ingérer 100 litres d’eau en 10 minutes, ce qui, chez n’importe quel autre animal, causerait la mort par éclatement des globules rouges. Enfin, c’est un animal très intelligent, doté d’une bonne mémoire, et capable d’être très rancunier envers quelqu’un qui l’aurait maltraité.

La lettre yaz, symbole amazigh, sur le mur d'une maison
La lettre yaz, symbole amazigh

Berbère, Amazigh, Tamazigh:

Le terme de « Amazigh » (pluriel: « Imazighen »), ou en français « berbère » désigne les peuples qui vivaient en Afrique du nord avant les invasions romaines, vandales et arabes notamment. Le tamazigh est la langue parlée par les berbères du moyen atlas, alors que ceux du Rif (au Nord du Maroc) parlent le tarifit, et ceux du Souss au Sud parlent tachelhit. Le berbère a son propre alphabet, et s’écrit de gauche à droite contrairement  à l’arabe.  Le Yaz, équivalent du « Z », est l’emblème berbère, symbole de l’homme libre.

 

Vous trouverez ci-dessous une petite sélection de photos de Merzouga. Si vous souhaitez voir plus de photos du désert marocain, vous pouvez suivre ce lien.

 

Images du désert

Cliquez sur une imagette pour l’agrandir et faire défiler les photos

D’autres photos du désert sur le site photos de Guy: http://www.photo-guybaron.com/maroc_desert.html

3 Responses

  1. Super article!
    Je suis allé au désert marocain par une nuit de pleine lune, l’une des nuits les plus désagréable de ma vie! Je m’étais mal préparée…..

    • Kantreadez

      Bonjour Johanna,
      Le désert est un endroit très particulier, dommage que tu n’aies pas pu l’apprécier à cause de mauvaises conditions matérielles. C’est vrai que, comme toutes les destinations un peu extrêmes, elle nécessite une bonne information avant le départ pour être sûr que le voyage répondra bien aux attentes… J’espère que tu auras l’occasion d’y retourner dans de meilleures conditions.

  2. Merci pour cet article et pour les photo.
    Merzouga c’est parmi les meilleures destinations à découvrir au Maroc, des paysages à couper le souffle. Et aussi la route entre Marrakech et Merzouga est incroyable en passant par la route des milles kasbahs vous aurez l’occasion de découvrir les kasbahs notamment kasbah ait benhadou.

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