Locmariaquer, des millénaires d’histoire et de mystères

Locmariaquer, des millénaires d’histoire et de mystères

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Ouvert à la fois sur le Golfe du Morbihan (en breton « petite mer »), sur la « Mor Braz » (« grande mer » ou Océan Atlantique), Locmariaquer est presque une île. On peut pratiquement en faire le tour en empruntant une partie du sentier de grande randonnée GR34. Ayant habité « Loc » pendant plusieurs années, nous avons parcouru ces sentiers une multitude de fois, et nous sommes toujours impressionnés par le côté naturel et varié des paysages rencontrés.

La longueur de la rando peut être ajustée en fonction de vos capacités physiques et de vos aspirations. Si la marche est votre principale motivation vous pouvez faire une boucle d’un peu plus de 20 km à partir de Kerdaniel. Si vous voulez prendre le temps de flâner, de visiter les sites mégalithiques, ou de vous baigner, faites le tour en plusieurs fois. Dans tous les cas, la carte fournie gratuitement par l’office de tourisme de Locmariaquer vous sera d’une aide précieuse.

Au nord du bourg, le sentier longe une partie du Golfe appelée « La Rivière d’Auray ». C’est en effet à cet endroit que la ria du Loc’h se jette dans le Golfe du Morbihan. Sur cette partie de la côte, on trouve de petites plages bien cachées et très tranquilles, A marée haute on peut s’y baigner, mais à marée basse le sable cède la place à une large étendue envasée. C’est d’ailleurs un milieu très riche en petits invertébrés de toutes sortes qui font les délices des oiseaux marins. Si vous avez la chance de venir en hiver, vous pourrez y admirer de nombreux migrateurs.

Sur cette partie de la côte, le sentier traverse plusieurs chantiers ostréicoles. La production d’huitres reste, avec le tourisme, l’une des principales ressources de Locmariaquer. Le métier a bien sûr beaucoup évolué en plus d’un siècle, mais il reste très dur. Porter les « poches », trier les huitres en plein hiver, les mains dans l’eau glacée, et espérer qu’une nouvelle maladie ne viendra pas tout remettre en question… mais travailler dans un cadre comme celui-ci justifie bien des sacrifices.

 

Comme toujours, toute la richesse de ces balades ce sont les rencontres qu’on y fait…

Ce jour là, non loin de la cale du Guillevin, deux tourtereaux prennent le soleil sur un banc. On engage la conversation. Il a presque 81 ans, elle un peu moins, mais ils ne font pas leur âge. Il était ostréiculteur, et il raconte: 

« Mon père était ostréiculteur, et son père et son grand-père avant lui. A l’époque il y avait des huitres sauvages dans la rivière d’Auray, des huitres plates uniquement. Vers la fin du 19ème siècle, on a commencé à les cultiver. On récoltait les naissains (des larves d’huitres grosses comme un ongle) sur des bouquets de tuiles chaulées,  puis on les semait dans les parcs. Il fallait attendre environ 3 ans avant de pouvoir les récolter et les consommer. La construction des parcs a représenté un travail énorme. Il a fallu tout d’abord construire des murets, puis draguer et enlever la vase, et enfin la remplacer par du sable. Quand j’étais jeune, on déposait les huitres dans les parcs à même le sable. On les récoltait à l’aide d’une drague, et on finissait à la main. C’était vraiment l’activité principale à Locmariaquer, ça faisait travailler beaucoup de monde.

Quand j’étais jeune, on pêchait beaucoup de poissons dans le Golfe, je faisais de la voile aussi, des régates sur des petits dériveurs. D’ailleurs mon rêve c’est encore d’avoir un Guépard, vous savez, ces petits dériveurs construits par Eugène Riguidel dans les chantiers du Guip. Mais bon, à mon âge un petit bateau à moteur c’est plus raisonnable pour aller pêcher la morgate…

Maintenant les huitres sont placées dans des poches. Pour la récolte, c’est plus facile mais il faut les retourner régulièrement. Et puis il y a eu la maladie, en 1972, qui a tué toutes les huitres. Il y a eu des années difficiles… Ensuite on a importé des naissains du Japon, des creuses, et la production a repris.

Ce sont des jeunes qui ont repris l’affaire maintenant, ils ont du courage. Je vais leur donner un coup de main de temps en temps histoire de rester un peu actif… »

Mais bien avant l’essor de l’ostréiculture, la région tirait déjà ses principales ressource de la mer. Dès le XVème siècle, Locmariaquer est à la fois un port de pêche et un port de commerce. Et la richesse du pays se reflète dans ses chaumières aux proportions harmonieuses, flanquées le plus souvent d’un bel escalier extérieur en pierres menant à un grenier aux portes cintrées.  Un dossier y est d’ailleurs consacré dans un ancien numéro d’Ar Men (ISBN 379 328 5050002 00180). Au cours de la randonnée, on peut ainsi découvrir de petits joyaux d’architecture traditionnelle. Beaucoup de ces longères sont maintenant recouvertes d’ardoise, mais il reste pas mal de couvertures de chaume.

Et pour les amateurs de très vieilles pierres, Locmariaquer est une véritable mine d’or, avec de nombreux petits dolmens cachés dans la lande, et d’autres très  connus et particulièrement bien étudiés, comme la « Table des Marchands », le « Dolmen des Pierres Plates », « Kerlud »… et surtout ce monstre fabuleux qu’est le « Grand Menhir Brisé », situé sur le même site archéologique que la Table des Marchands, et qui faisait partie d’un alignement de blocs de granit gigantesques. Le plus grand mesure 21 mètres de haut et pèse près de 300 tonnes. La pierre a été extraite d’un site se trouvant à 10 km de Locmariaquer. Il a été édifié environ 4500 ans avant JC, soit il y a plus de 6500 ans. On reste toujours rêveurs devant un travail d’une telle ampleur, ayant nécessité de mobiliser des centaines d’hommes et des techniques si ingénieuses et innovantes! Sur le site, on peut voir une vidéo très intéressante précisant les dernières découvertes faites à ce sujet.

 

Images de Locmariaquer

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